J'ai mal dormi. Le bruit du torrent et un bruit régulier non identifié m'a obligé à mettre les boules quiès alors que j'étais seul.

Je me lève à 7h15. PDJ et SAD puis je dis au revoir à l'hospitalier. Je vais suivre sur ses conseils une variante qu'il m'a indiqué hier bien qu'elle ne soit pas indiquée dans mon guide. Elle est fléchée et tout devrait bien aller. Son avantage : elle passe par la montagne au lieu de suivre la route et est donc beaucoup plus belle. Comme maintenant 3 jours, il pleut encore ce matin.

 La montée est raide et on domine la petite ville de Beasain. Tout se passe à peu près bien jusqu'à la descente qui se transforme en véritable patinoire. Les pierres lisses comme du marbre sont hyper glissantes. Il est presque impossible de poser le pied dessus, il faut absolument trouver des interstices en terre entre les pierres.

 Un groupe d'une trentaine de marcheurs espagnols en rando à la journée (donc avec des petits SAD) ont pris le même chemin que moi. Je vois devant moi un marcheur faire une belle glissade et atterrir dans un fossé. Quelques minutes plus tard, derrière moi, j'entends un cri et des gémissements, c'est un autre randonneur qui vient de glisser et qui s'est fait mal. Il mettra plusieurs minutes à repartir en boitillant. Heureusement, il n'est pas seul. Une espagnole parlant très bien le français me dira que 2 randonneuses ont aussi glissé. De plus, les randonneurs espagnols ont l'habitude de marcher en tenant des parapluies ce qui ne facilite pas les choses.

Bref, ce n'était pas une bonne idée de suivre la variante : beaucoup trop dangereuse.

Toute l'étape se déroule sous la pluie. je dois traverser des chemins de boue où la seule chose qui compte n'est plus d'éviter les marres d'eau ou de ne pas trop s'enfoncer dans la boue mais de ne pas glisser.

 Je m'arrête pour déjeuner sous un abri de bus à SEGURA. La pluie a momentanément cessé.

 J'arrive à ZEGAMA à 13h45, c'est tôt. Je bois une bière dans un café où règne comme d'hab un bruit d'enfer. Je demande à deux reprises où se trouve l'albergue. Personne ne sait mais on me dit de m'adresser au syndicat d'initiative qui se trouve dans un petit musée.

Il faut prendre un ascenseur de ville pour y monter. Une jeune fille est seule à l'accueil. Elle me tamponne ma crédencial. L'albergue est gratuite (je comprendrais pourquoi !). C'est 3 euros si on veut une taie d'oreiller et un drap jetable. Je paye donc 3 euros.

 Elle ferme son musée puis m'emmène dans ... un collège. En effet, l'albergue (finalement un dortoir) est situé au fond d'une grande salle de gymnase où la commune a installé quelques lits. Les WC et les douches sont au sous-sol. Il faut sortir dehors pour s'y rendre.

Elle repart en me laissant les clés. Pas moyen de faire la cuisine. Je peux quand même laver mon linge et le faire sécher grâce à un gros radiateur soufflant traînant dans un coin. Je suis complètement démoralisé même si une vieille radio récupérée met un peu d'ambiance. La pluie continue de tomber et j'attrape un gros coup de blues. Je téléphone à Nadine. La météo n'est pas bonne pour les prochains jours. J'ai fortement envie d'abandonner et de rentrer à Nantes. Demain, c'est la grande étape de montagne, j'imagine l'état des sentiers et la faire encore seul sous la pluie m'inquiète. Je demande à Nadine de se renseigner sur les trains de retour. Plusieurs échanges de SMS : c'est pas facile et c'est cher. De plus je vais perdre mon billet retour non échangeable acheté 2 mois à l'avance. 

Je décide finalement de simplement prendre un taxi et de sauter l'étape de demain.

 Vers 19h on frappe à la porte, c'est la jeune fille qui amène un couple de randonneurs italiens. Ce sont les premiers que je rencontre ! Lui parle assez bien le français, nous arrivons donc à échanger. Comme il fait très froid, la dame ferme les rideaux et met en marche le radiateur soufflant. 

 Ils me demandent si je veux aller dîner avec eux mais pour moi c'est déjà fait.  Ils partent dîner vers 21 h et rentrent vers 22h.

 

 Beasain

 

 

 

 

 

 

 

 L'abri où j'ai déjeuné

 

 

  L'ânon n'est pas vieux. IL fait froid et il pleut. La mère semble épuisée.

 

 L'eau coule de partout.

 

 Randonner avec un parapluie ! les espagnols me surprennent encore !

 

 

 Les lits se trouvent au fond derrières le rideau.

 

 Même un ballon pour jouer au basket !

 

 Sourire de façade, j'ai le moral dans les baskets