Aujourd'hui dernier jour de marche.  Levé à 7h45 je me prépare un thé et je déjeune avec les 2 croissants achetés la veille : royal !

Je quitte l'albergue avec un temps frisquet, celui-ci a changé et les températures ont chuté. Je pense que je vais me réchauffer en marchant alors je démarre en tee-shirt. Très vite, j'arrive à une chapelle de style romane magnifique. l'endroit est superbe. Je prends plusieurs photos. Puis je monte sur un plateau. La marche est sympa et pour une fois les paysages superbes et éloignés des routes. La marche en haut du plateau constituera un des bons souvenirs de la rando.

 Mais en haut du plateau le vent est de plus en plus froid, je n'arrive pas à me réchauffer, je décide alors d'enfiler ma polaire. Incroyable le 17 juin en Espagne, j'ai froid et j'ai les mains gelées !

Je traverse un champ d'éoliennes, je passe parfois juste en dessous. je n'en ai jamais vu autant et de si près. Elles fonctionnent et sont silencieuses. Tout ce que j'ai pu lire sur le soi-disant bruit qu'elles faisaient serait-il donc faux ?

 Puis j'attaque une voie antique romaine de 6 kms où des panneaux pédagogiques expliquent tous les 500 m l'histoire et la construction de ces voies. Instructif et sympa de mêler la marche avec la culture.  J'imagine toutes ces personnes qui depuis 2000 ans m'ont précédé sur cette voie. D'ailleurs j'en profite pour faire ma pause déjeuner car l'endroit est calme et devant les nuages qui arrivent j'ai peur qui ne pleuve bientôt. J'en profite pour mettre mes lentilles de contact (j'étais parti en lunettes) mais marcher avec des lunettes sous la pluie c'est la galère.

 Juste pressentiment, 10 minutes après la reprise de la marche, il pleut. Une pluie fine mais soutenue avec un vent de face qui la rabat sur le visage. La marche devient pénible avec ce vent de face et à force de marcher la tête baissés je ne sais plus où me situer. Suis-je encore sur le chemin ou ai je manqué une flèche pour tourner ? Il n'y a plus aucun signe, cela m'inquiète.

 Je marche longtemps sur de longues lignes droites sans trop savoir où je suis. Je me dis que revenir sur mes pas après deux heures de marche cela ne va pas être de la rigolade. Finalement je retrouve les flèches jaunes et la description de mon guide en arrivant à la fin du chemin là où commence la grande banlieue de Burgos.

 Mon guide va m'être utile car il m'indique l'endroit où on peut prendre un bus pour rejoindre le centre de Burgos. La traversée de la banlieue de cette ville (environ encore 2à 3 h de marche, je n'en vois pas l'utilité) ne me dit rien ! Je demande à des espagnols où se trouve l'arrêt de bus (c'est pas évident car il y a juste un poteau). Ils commencent à m'expliquer quand un bus arrive et ils me disent de le prendre. Je traverse rapidement la route, monte dedans et achète un billet à 1 euros après avoir eu confirmation par le conducteur de sa destination.

Dedans, surprise, le bus est rempli de marcheurs (beaucoup de français). Et oui j'ai rejoint le camino frances. BURGOS est une des principales villes qu'il traverse. Je discute avec quelques-uns ils ne sont pas très causants. Leur groupe étant constitué, ils voient d'un œil soupçonneux un nouveau arrivé. Mais pour moi, c'est finish donc no problemo. Je les détaille, beaucoup sont affublés d'un "déguisement du pèlerin" enfin de ce qu'ils considèrent comme ça: lourd et grand bâton en bois, des coquilles St Jacques un peu partout, des chapeaux recouverts de pins sur le camino... Bref le folklore du Francès ! Je vois environ 3 fois plus de marcheurs dans ce bus que pendant la totalité de ma rando (3 marcheurs et 2 cyclistes). Je suis trempé, eux sont secs même si la pluie a cessé je comprends pas. Pourtant ils me répondent qu'ils ne démarrent pas leur marche à Burgos (le bus vient de la gare ). 

 En arrivant au centre de Burgos, je décide de me livrer à une expérience. Je n'ai pas de point de chute pour dormir. Comme je dis souvent dans mes conversations portant sur le camino : il y a toujours un élément extérieur qui arrive pour nous aider quand on est en recherche d'une direction, d'une aide, d'un logement enfin bref ce que j'appelle un ange gardien ou un bon samaritain. Je vais mettre en pratique (mais cette fois-ci volontairement) ce qu'il m'ait arrivé plusieurs fois involontairement. Juste pour voir, pour vérifier.

 Donc j'avance dans la ville. je demande au premier passant où se trouve une rue (celle de la grande albergue de 200 places). celui-ci me dit de le suivre gentiment, qu'il m'accompagne. Au bout de qq centaines de mètres il me laisse en me disant que c'est la prochaine sur la gauche à 200m. Gracias ! Je continue seul quand un vieux Monsieur (je lui donne plus de 70 ans),  un "rabatteur" pour un hôtel, me propose une chambre  pour 18 euros, PDJ compris. Ok je laisse faire, je le suis. Il y a déjà 2 personnes (des italiens) qui attendent à la réception. Je fais la queue, mon "rabatteur" parlant un peu le français plaisante avec moi plutôt sympa (un petit boulot, il doit toucher une petite commission sur chaque client ramené). Un groupe de 12 pèlerins arrive et se range derrière moi. Ils m'apprennent que l'albergue municipale est pleine  (elle ouvre à midi) et  qu'il n'y a déjà plus de place depuis 14h (il doit-être 15h). la réceptionniste les redirige vers un autre hôtel. Il reste juste une place dans l'hôtel pour moi et dans une chambre de 4 lits qui fait aussi albergue privée. J'occupe donc la dernière place de libre dans cet albergue privée. Voilà, l'expérience est concluante encore une fois : j'ai trouvé un lit en laissant faire le hasard. Je n'ai pas eu à aller à l'albergue municipale qui de toute façon était complète et à chercher en conséquence un autre gîte.

 Avec les 2 italiens qui me précédaient, il y a également un australien arrivé avant dans cette chambre de 4. Une douche et je pars visiter la ville en repérage notamment la superbe cathédrale car je la visiterai mieux demain. J'achète en souvenir une statue de St Jacques en étain, et un souvenir pour Elora et Nadine. J'achète également 7 cartes postales pour envoyer à la famille et aux amis. Je bois une bière sur une belle place et rentre à l'hôtel où je discute avec l'australien en anglais ; lui aussi trouve que le Frances c'est vraiment de la folie.

Ensuite je sors dîner. J'ai trouvé un resto sympa, moderne qui sert un menu del dias pour 12 euros. Comme j'étais en avance  et que le cuisinier  n'arrivait qu'à 20h30. je prends au comptoir un verre de vin blanc, puis un de rouge (le blanc est nettement meilleur) en mangeant qq tapas offerts par le patron. Un groupe de français arrive, nous discutons. Ce ne sont pas des randonneurs mais des touristes, ils viennent de Toulouse, se rendent au Portugal en faisant une halte à Burgos. Je discute ainsi une bonne heure avec eux. Ambiance sympa. Le patron (sympa également) se frotte les mains car ils ont décidé de faire un repas de tapas et picolent un peu :). Puis je pars dîner à l'étage (une très bonne paëlla incluse dans le menu) en leur souhaitant de bonnes vacances. 

  

 

Quel est cet insecte ? Renseignement pris à mon retour sur le net il s'agit d'un Coléoptère Méloïde : Meloe majalis laevigatus ou le "Méloé de mai". Un beau Méloïde ibérique (présent de la France méridionale au Maghreb). c'est la première fois que j'en aperçois un spécimen.

 Le cimetière des bornes de la RN1

 Via de Italia

 Pause déjeuner

 J'arrive au centre historique de Burgos 

 

Comme dans toutes les villes espagnoles il y a de nombreuses statues en bronze.

 

Burgos est connue pour sa cathédrale gothique (XIIIe siècle-XVIe siècle), où repose la dépouille de Rodrigo Diaz de Vivar, surnommé le Cid.

Commencée en 1221, sa construction prendra plus de trois siècles. Troisième cathédrale d'Espagne par ses dimensions (84 m de long et 60 m de large), elle a été classée au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

 

El Arco de Santa Maria. Parure très populaire de la cité, c'est une porte des murailles du XIVe siècle, dont la façade fut modifiée au XVIe siècle, comme arc de triomphe pour l'empereur Charles Quint. Elle présente les grands personnages de Burgos : en bas, Diego Rodríguez Porcelos est encadré par les deux juges mi-légendaires qui auraient dirigé les affaires de Castille au Xe siècle ; en haut, le comte Fernán González et le Cid (à droite) tiennent compagnie à Charles Quint

 

Le Cid Campéador de son vrai nom : Rodrigo Diaz de Vivar (1043-1099)

 

le pont San Pablo construit à la gloire du Cid. Tous les personnages qui ont fait sa légende, Chimène sa femme, son fils et ses fidèles compagnons, tous ont leur statue sur ce pont très fréquenté.

 La chambre de 4 lits (je dors au 3è en partant du bas)